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Le réalisme spéculatif à l'épreuve de la donation

Producción científica: RevistaArtículo

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Resumen

La démonstration de Meillassoux tout au long de Après la finitude, ne prend que très peu pour cible la phénoménologie de Jean-Luc Marion. Son nom n’apparaît d’ailleurs qu’une seule fois dans une note de bas de page qui vise à établir un lien entre Heidegger et Wittgenstein [Meillassoux 2006, note 1 p.  66]. On ne peut qu’être surpris par cette quasi-absence puisque non seulement Marion est un des représentants majeurs de la phénoménologie contemporaine que Meillassoux combat, mais qu’en plus Dieu occupe un pan important de son œuvre. La confrontation entre Marion et Meillassoux mérite donc une attention plus poussée. D’abord parce que toute la déconstruction de l’onto-théo-logie à laquelle se livre Marion –dans ses ouvrages d’histoire de la philosophie, sur Descartes, mais aussi dans ses livres de phénoménologie – est celle dont on pourrait croire qu’elle ouvre le plus à ce que Meillassoux dénonce comme « enreligement de la raison ». En privant le discours sur l’absolu de son
caractère prédicatif et métaphysique, Marion serait le paradigme des penseurs permettant aujourd’hui d’affirmer à peu près n’importe quoi de Dieu puisque ces dires ne peuvent se faire que sur le mode de la croyance, hors des critères contraignants de la rationalité. Deuxièmement, la confrontation des thèses de Meillassoux avec celles de Marion est d’autant plus intéressante que de façon implicite, une partie du vocabulaire utilisé par Meillassoux résonne pleinement
dans les textes de Marion. Lorsque celui-là pose la question qui guide la totalité de ses réflexions, c’est en termes de donation et de donné qu’il la pose. Dans sa quête d’absolu non-métaphysique, Meillassoux cherche à penser un monde qui ne soit pas dépendant d’un sujet auquel il apparaît, et cette relation au sujet est bien pensée à l’aune de la donation : « Penser l’ancestralité revient à penser un monde sans pensée – un monde sans donation de monde. » [Meillassoux 2006, p. 39]. Tout le projet du réalisme spéculatif est celui d’arracher l’ « il y a » du monde à la problématique du donné : « Nous devons, au contraire, tenter de
comprendre comment la pensée peut accéder au non-corrélé – à un monde capable de subsister sans être donné. » [Meillassoux 2006, p. 39].
Idioma originalFrancés
Páginas (desde-hasta)2
Número de páginas10
PublicaciónTheoRemes
N.º6
EstadoPublicada - 21 jun 2014

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